Lors de l’attaque de Mansila, mardi 11 juin, plus d’une centaine de soldats burkinabè ont été tués et certains pris en otage par les jihadistes du Jnim (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lié à al-Qaïda). À ce jour, les autorités de transition burkinabè n’ont fait aucune déclaration officielle sur cet événement tragique, alimentant ainsi un mécontentement croissant au sein d’une partie de l’armée.
Le mercredi suivant, un obus a été tiré sur le siège de la télévision nationale, sans que l’origine de ce tir ne soit encore déterminée. Quant au président de transition, le capitaine Ibrahim Traoré, il est apparu brièvement dimanche lors de la célébration de la Tabaski, sans faire de déclaration, ce qui n’a fait qu’intensifier les spéculations sur sa situation.
Le Conseil des ministres prévu ce mercredi 19 juin, traditionnellement présidé par le capitaine Traoré, n’a pas eu lieu. Aucun communiqué officiel n’a été publié, mais une source à la présidence a indiqué que la réunion pourrait être reportée à jeudi, sans fournir de détails supplémentaires.
Ibrahim Traoré presque invisible depuis une semaine
Cette annulation ou ce report suscite des interrogations sur la situation du capitaine Traoré, silencieux et presque invisible depuis une semaine, et sur les dynamiques actuelles au sommet du pouvoir.
Ce mardi 18 juin, l’armée burkinabè a diffusé un communiqué visant à rassurer la population : les rumeurs de « mouvements d’humeur et de mutineries dans certaines casernes » sont, selon l’état-major, « infondées et mensongères ».
Cependant, le Mali a dépêché entre 80 et 120 soldats maliens et supplétifs russes de Wagner à Ouagadougou pour soutenir le président de transition. Ces renforts ont-ils pour mission de maintenir le capitaine Traoré au pouvoir ? Ou bien s’agit-il d’une tentative de « rectification de la transition », similaire à celle qui a suivi le second coup d’État militaire au Mali en mai 2021 ?
Le journal Le Monde a publié un article cet après-midi affirmant, selon des « sources concordantes », qu’Ibrahim Traoré est actuellement « caché » et que « des pourparlers entre soldats sont en cours pour décider de l’avenir du régime ».



