Une cérémonie marquant le début officiel du retrait des troupes et équipements américains du Niger s’est déroulée ce vendredi 7 juin à Niamey. Dans un communiqué conjoint, le général Kenneth Ekman du ministère de la Défense américain et le chef d’état-major de l’armée de terre nigérienne, Mamane Sani Kiaou, ont annoncé que plus de 269 soldats sur 946 et plusieurs tonnes de matériel ont déjà quitté le pays. Cet accord de retrait fait suite à la dénonciation des accords militaires avec Washington par les autorités militaires nigériennes, intervenant le 19 mai dernier.
Sur le tarmac de l’aéroport de la base militaire 101 de Niamey, un avion de transport lourd C-130 est stationné sur la piste. Il est destiné à embarquer du matériel, des chars et des véhicules tout-terrain, ainsi que des soldats qui quitteront définitivement le Niger. Cet avion, ou un modèle similaire, effectuera plusieurs rotations dans les jours et semaines à venir pour concrétiser le retrait américain du pays.
Dans son allocution, le chef d’état-major de l’armée de terre, Mamane Sani Kiaou, a souligné que la protection et la sécurité des troupes américaines demeuraient une priorité. L’accord conclu entre Washington et Niamey comprend des dispositions visant à autoriser les survols et les atterrissages, ainsi qu’à organiser les convois terrestres entre les différentes bases américaines au Niger.
Plus de 100 millions de dollars ont été investis à Agadez. Des soldats demeurent cantonnés dans les villes de Oulam, Diffa, et surtout à la base d’Agadez, située à environ 1 000 kilomètres de la capitale Niamey, d’où décollent les avions gros porteurs. Depuis 2016, plus de 100 millions de dollars ont été injectés pour moderniser la base de drone 201 d’Agadez. Des infrastructures telles qu’une nouvelle piste, un hangar et des bâtiments pour le logement des soldats ont été érigées. Bien que cela n’ait pas été officiellement annoncé, il est logique que ces installations soient rétrocédées au Niger. En ce qui concerne le matériel sensible, comme les ordinateurs de travail, les véhicules et les armes, ils seront soit renvoyés aux États-Unis, soit utilisés dans d’autres zones de déploiement.
Les troupes américaines font face à un défi logistique considérable. Dans un peu plus de trois mois, l’intégralité des contingents devraient avoir quitté le Niger. Pour respecter l’échéance du 15 septembre 2014 fixée pour un désengagement complet, un renfort en personnel américain a été annoncé afin d’accélérer le processus de retrait.
Malgré la fin de leur coopération militaire, Niamey et Washington s’engagent à poursuivre leur collaboration dans d’autres domaines. Un nouvel accord entre le Niger et l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) est attendu dans les prochaines semaines.



