La Douane a une fois de plus saisi une importante quantité de cocaïne à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD), cette fois destinée à l’exportation. Les 20 kg de drogue, d’une valeur estimée à 1,6 milliard de francs CFA, étaient dissimulés dans un lot de sacs de gingembre en partance pour un pays de l’Union européenne. Quatre personnes ont été arrêtées lors de l’opération. Les douaniers ont ensuite procédé à une filature jusqu’à Popenguine, où la cache de conditionnement de la drogue a été découverte dans une villa. Cette saisie fait suite à un renseignement professionnel exploité par la Douane sénégalaise et ses partenaires nationaux et internationaux.
Cette nouvelle prise s’inscrit dans une série de saisies récentes. La semaine précédente, 33 kg de cocaïne avaient été interceptés à Keur Ayip, près de la frontière gambienne, pour une valeur estimée à 2,7 milliards de F CFA.
Face à cette récurrence des saisies, la Douane réaffirme sa détermination à lutter contre le trafic sous toutes ses formes et appelle à une collaboration accrue de la part des populations. Cette répétition des saisies soulève des questions sur la persistance de la criminalité transnationale organisée, d’autant plus que cette fois-ci, il ne s’agit pas simplement de transit, mais d’une unité de conditionnement de drogue démantelée.
Selon Cheikhna Cheikh Saadbou Keïta, ancien directeur de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), le marché intérieur de la drogue au Sénégal soulève des interrogations. Il constate une présence bien établie des narcotrafiquants dans le pays, ce qui rend leur activité très visible, surtout dans le domaine de la drogue dure. Pour lui, le Sénégal est devenu un centre d’activités importantes liées à la drogue, avec une forte concentration de trafic, voire une potentielle zone de consommation.
Selon ses analyses, lorsque la drogue envahit un pays comme le Sénégal, cela répond à plusieurs objectifs : le transport, le stockage, la distribution à l’échelle internationale, ainsi que la création d’un marché local prospère. Il souligne que parler de plaque tournante de la drogue est une notion dépassée, et que le problème doit être mieux défini. Il insiste sur la présence notable de l’argent de la drogue au Sénégal, ce qui alimente les activités criminelles et pose des défis importants en matière de sécurité.



