Au Kenya, la répression des manifestations à Nairobi contre la loi de finances a causé la mort d’au moins treize personnes, d’après la principale association professionnelle de médecins du pays. Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé pour exprimer leur opposition aux nouvelles taxes proposées par le gouvernement. Certains ont réussi à pénétrer dans l’enceinte du Parlement, déclenchant une violente réaction des forces de l’ordre.
La capitale du Kenya est très calme ce mercredi matin, mais une forte présence des forces de l’ordre est toujours visible dans les rues, et de nombreuses écoles restent fermées. Les commerçants constatent les dégâts, certaines boutiques ayant été vandalisées.
Dans une allocution hier soir, le président William Ruto a été très clair : il a ordonné à toutes ses agences de sécurité de déployer des moyens « pour combattre les criminels qui cherchent à saper la stabilité du pays ».
Son prédécesseur, Uhuru Kenyatta, s’est dit très « attristé » par les pertes humaines et a exprimé sa solidarité avec les Kényans, appelant les autorités à les écouter.
Raila Odinga, principal opposant politique, a également lancé un appel au dialogue dans un communiqué ce mercredi matin. Il s’est dit « troublé » par la « répression violente de la jeunesse » et a demandé le retrait immédiat de la loi de finances ainsi que l’ouverture de discussions.
L’Union africaine a aussi recommandé le dialogue dans un communiqué publié hier, affirmant suivre « avec beaucoup d’inquiétude » les récents événements. Plusieurs ambassades, dont celles des États-Unis et du Royaume-Uni, ont exprimé leur préoccupation face aux niveaux de violence observés hier, dans un communiqué commun.
Les appels à la mobilisation continuent. Dans son discours d’hier, William Ruto a également annoncé la mise en place rapide d’un cadre de discussions avec la jeunesse.
Cependant, ces propos ne semblent pas diminuer la détermination des manifestants. Plusieurs d’entre eux, interrogés hier en fin de journée, ont déjà exprimé leur intention de retourner dans la rue ce mercredi. Ils protestent non seulement contre la loi de finances publiques, mais aussi pour dénoncer la violence. « Les forces de l’ordre ont tué des citoyens, elles doivent répondre de leurs actes », a déclaré un jeune manifestant. Sur les réseaux sociaux, les appels à manifester se poursuivent.



