Jeune Afrique interroge : le Sénégal est-il sur le point de voir une évolution dans la relation entre les médias d’État et le pouvoir politique ? Le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko sauront-ils réellement instaurer une rupture, mettant fin à l’influence souvent excessive du pouvoir politique sur les médias publics ?
Le passé récent est révélateur. Jeune Afrique cite un exemple marquant : le soir du 25 mars, lendemain de l’élection présidentielle, alors que la victoire de Bassirou Diomaye Faye est évidente, la Radio Télévision Sénégalaise (RTS) ne donne pas la priorité à cette information dans son journal télévisé de 20 heures. Au lieu de cela, le sujet principal est l’agenda du président sortant, avec le portrait du nouveau président relégué en fin de journal. Une disproportion qui soulève des interrogations sur l’indépendance éditoriale de la RTS.
La nomination de Pape Alé Niang en tant que directeur général de la RTS suscite également des attentes. Ancien journaliste de Dakar Matin, connu pour ses prises de position critiques envers le gouvernement de Macky Sall, Niang pourrait-il être le fer de lance du changement dans le paysage médiatique sénégalais ? Les observateurs se demandent s’il parviendra à maintenir une ligne éditoriale indépendante et à éviter l’influence du pouvoir politique.
Pendant ce temps, au Sahel, la liberté de la presse est gravement menacée. Reporters sans frontières rapporte les risques et les menaces auxquels sont confrontés les journalistes dans cette région, où les militaires exercent un contrôle de plus en plus strict sur les médias. Cette situation précaire souligne l’importance d’une presse libre dans la promotion de la démocratie et de l’État de droit.
Alors que le monde célèbre la Journée mondiale de la liberté de la presse, les médias africains rappellent aux dirigeants l’importance de respecter et de renforcer la liberté de la presse. Ils soulignent que la presse n’est pas l’ennemi du pouvoir, mais un acteur essentiel dans la construction d’une gouvernance transparente et responsable.



