La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) déploie des efforts considérables pour maintenir le Mali, le Burkina Faso et le Niger au sein de son giron, alors que ces pays, dirigés par des militaires suite à des coups d’État, semblent s’orienter vers une indépendance politique croissante. Face à cette dynamique potentiellement désintégratrice pour la région, la Cedeao a nommé le président Bassirou Diomaye Faye comme médiateur, assisté par Faure Gnassingbé du Togo, pour engager un dialogue avec les autorités militaires en place à Bamako, Ouagadougou et Niamey.
Le président sénégalais, dans son rôle de médiateur, s’est rendu personnellement dans ces capitales afin de convaincre les dirigeants militaires de réintégrer pleinement la communauté régionale. Son engagement envers la Cedeao, qu’il considère comme une famille unie par des décennies de coopération fraternelle, renforce sa légitimité pour jouer ce rôle crucial de médiation. Néanmoins, il reste incertain si cette approche sera suffisante pour persuader les militaires de revenir sur leur décision.
Dans son discours, le président Faye a souligné l’importance de moderniser la Cedeao pour répondre aux défis contemporains tout en préservant les principes démocratiques qui la sous-tendent. Il a plaidé en faveur de réformes visant à renforcer la gouvernance démocratique au sein de l’organisation et à garantir l’indépendance et l’impartialité de ses institutions, notamment la Cour de justice communautaire. De plus, il a appelé à renforcer les mécanismes préventifs de gestion des conflits afin de prévenir toute escalade future dans la région.
La sortie potentielle du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cedeao aurait des implications profondes, notamment sur la libre circulation des personnes et des biens ainsi que sur la fermeture de corridors essentiels. Ces enjeux ont été discutés lors du 65ᵉ Sommet de la Cedeao à Abuja, qui s’est tenu peu après la création de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), un développement régional significatif.
La médiation actuelle de la Cedeao sous la direction du président Faye vise à préserver l’unité régionale et à éviter une fragmentation qui pourrait compromettre les progrès économiques et politiques réalisés jusqu’à présent dans la région ouest-africaine.



