Le Niger a récemment révoqué le permis d’exploitation d’uranium accordé au groupe canadien GoviEx pour le gisement de Madaouéla, situé près d’Arlit dans le nord du pays, selon une annonce de la société jeudi dernier. Cette décision s’inscrit dans un contexte où le gouvernement nigérien a également retiré un permis similaire au groupe français Orano, actif depuis plus de 50 ans dans la région.
Dans un communiqué, GoviEx a confirmé avoir été informé par le ministère des Mines du Niger que ses droits sur le périmètre du permis minier de Madaouéla ont été annulés, plaçant cette zone sous domaine public. Le périmètre concerné s’étend sur plus de 243 km². Le groupe a exprimé son désaccord quant à la procédure de révocation, qu’il estime non conforme au code minier en vigueur, et a réservé son droit de contester cette décision devant les juridictions compétentes nationales ou internationales.
GoviEx avait précédemment été pressé par le gouvernement nigérien de commencer l’exploitation de la mine avant le 3 juillet, sous peine de voir son permis révoqué. Malgré les défis politiques suite au coup d’État de juillet 2023, l’entreprise avait entamé des démarches pour le développement du projet de Madaouéla, stimulée par la récente remontée des prix de l’uranium.
La société a averti que la décision gouvernementale pourrait avoir un impact négatif significatif sur le développement économique et social de la région, soulignant notamment la perte potentielle de 800 emplois prévus pour une durée de vie estimée de la mine à 20 ans.
En parallèle, le Niger a également retiré le permis d’exploitation du gigantesque gisement d’uranium d’Imouraren à Orano, près d’Arlit. Ce gisement, l’un des plus vastes au monde avec des réserves estimées à 200 000 tonnes, est désormais au centre d’un débat sur la souveraineté et la gestion des ressources naturelles du pays sous le régime militaire en place depuis 2023.
Ce dernier, insistant sur la souveraineté nationale dans l’exploitation des ressources minières, a clairement indiqué sa volonté de réviser profondément le cadre d’exploitation des matières premières par des compagnies étrangères au Niger, qui contribue actuellement à hauteur de 4,7% à la production mondiale d’uranium naturel.



