L’Inspecteur Général d’Etat, après avoir affronté ses supérieurs sans hésitation, ne récolte que des ennuis.
Les récents mouvements de limogeage et de nomination à des postes de direction n’ont pas été exempts de turbulences. Parmi eux, la destitution de M. Mouhamadou Lamine Diallo de la Direction Générale de l’École Nationale d’Administration (Ena), et son remplacement par Mor Fall, s’est déroulée sous des circonstances troublantes. Cette décision surprenante s’explique par le long parcours administratif de M. Diallo et son statut d’Inspecteur Général d’Etat (Ige).
Les personnes proches de M. Diallo rapportent que celui-ci refusait de rester passif face à ce qu’il percevait comme la « décrépitude » de l’Ena, illustrée par le manque criant de lits (110 lits pour 266 élèves). Malgré ses alertes adressées à sa hiérarchie depuis sa nomination en octobre dernier, ses préoccupations sont restées sans réponse, même après avoir saisi le Premier ministre actuel, Ousmane Sonko.
Après avoir produit un courrier détaillant la situation à Ousmane Sonko, M. Diallo a également tenté d’obtenir des ordres de mission pour une délégation de l’Ena devant se rendre à Tunis pour des échanges avec l’Ena de Tunisie. Cependant, ses efforts ont été contrariés par de nouvelles règles bureaucratiques émises par le Secrétaire Général du gouvernement, M. Mouhamadou Aminou Lô.
Malgré plusieurs relances restées sans réponse, les ordres de mission n’ont jamais été signés, entraînant l’annulation du voyage prévu pour juin. Les supérieurs hiérarchiques de M. Diallo ont été informés des conséquences désastreuses de cette décision.
Déçu de voir que ce sont « des Enarques qui foulent ainsi aux pieds les règles de l’Administration », M. Diallo a exprimé en privé son mécontentement face à la nomination d’un Secrétaire Général du gouvernement ne répondant pas aux critères requis par les règlements administratifs.
Bien que des rumeurs non confirmées évoquent des critiques acerbes de la part de M. Diallo envers les autorités, il a été limogé sans ménagement et remplacé par un autre inspecteur des Finances, M. Mor Fall.



