Le rapport récent de la Cour des comptes sur les dépenses de personnel de l’État entre 2015 et 2018 a mis en lumière une pratique troublante : certains agents de l’Administration auraient encaissé deux salaires chaque mois au cours de la dernière année de la période examinée.
Les auditeurs, cités par Libération, ont souligné que l’analyse des fichiers de la masse salariale a révélé que ces agents possédaient des comptes bancaires où les montants versés correspondaient à ceux indiqués dans les états de paiement du billeteur pour les mêmes mois.
Un exemple frappant a été cité par le journal, mettant en avant le cas d’un contrôleur du Trésor qui apparaissait deux fois dans les fichiers de la masse salariale avec des montants différents pour plusieurs mois de l’année 2018. Ces paiements étaient effectués par billetage, et des montants étaient également transférés sur son compte bancaire.
Le directeur de la Solde à l’époque des faits a tenté de justifier cette situation en avançant que ces paiements concernaient des agents comptables particuliers travaillant dans les postes diplomatiques, et qu’ils étaient rémunérés par billetage par le trésorier payeur pour l’étranger, tandis que leurs éléments variables de salaire étaient versés par virement local.
Cependant, les auditeurs n’ont pas été convaincus par cet argument. Ils ont contesté cette explication en soulignant que les bénéficiaires des paiements concernés étaient en réalité rémunérés par le billeteur de la Solde, qui dépendait du payeur général du Trésor et non du trésorier payeur pour l’étranger, selon les informations rapportées par Libération.



